Jules Goliath

Jules Goliath

Mon travail a pour but de questionner par l’espace et l’architecture nos rapports au temps et à la disparition ou comment convoquer le souvenir par le fragment. Ce travail de recherche passe notamment par l’étude de la ruine, qui est selon moi, l’objet qui est le plus spécifique au réel. Il est attaché aux matériaux éphémères, si solides soient-ils qui prennent les marques du temps sur leurs surfaces et laissant apparaître l’absence aux dépens de la présence, jusqu’à disparaître et rejoindre l’oubli. 

Les zones d’ombre, les creux, les manques, les doutes et tous ces vides s’inscrivent dans des propositions plastiques, qui ne sont qu’une manière de laisser ouvertes des portes d’entrée pour le spectateur. Ces failles marquent une cassure dans le potentiel aspect hermétique de l’exercice d’exposition. Une fissure dans laquelle, celui qui regarde est invité à se faufiler. Ces vides qui existent dans une installation, une composition ou un récit, font partie intégrante de l’œuvre, comme des prolongements neutres de la matière laissant une place au spectateur pour y évoluer. Tout autant qu’on s’approprie un lieu à l’abandon en l’activant par notre simple présence.

« La matière, une fois que je la fracture, libère ses creux intérieurs, les traces insoupçonnées d’un passé et d’un futur imaginaire.
Elles s’ouvrent au regard et à la déambulation. »